Pour la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël

 Les déclarations courageuses du représentant de l’association de défense des droits de l’homme israélienne B’Tselem au conseil de sécurité des Nations unies (cliquer sur l’image pour voir la vidéo et la traduction du discours en français)
Déclaration aux Nations Unies
et son article dans le quotidien Haaretz (Pourquoi je me suis exprimé à l’ONU contre l’occupation) expliquant pourquoi il appelait la communauté internationale à agir, ont suscité une nouvelle prise de position de « Trop, c’est trop ! » appelant à la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Pour signer la pétition cliquer ici : suspension de l’accord d’association

Les colonies israéliennes s’étendent en Cisjordanie

Les implantations de nouvelles colonies ne cessent de se multiplier dans les territoires palestiniens de Cisjordanie occupée. En juin 2016, le gouvernement de M. Netanyahou a permis la construction de 560 nouveaux logements pour les colons de Ma’ale Adoumim et 840 autres à Jérusalem-Est.  Il a poursuivi le Plan E1 visant à former une continuité territoriale entre Jérusalem-Est et cette colonie de Ma’ale Adumim pour couper en deux la Cisjordanie. Le projet d’Israël de construire 98 habitations dans la colonie de Shilo en Cisjordanie, ainsi que l’accélération durant l’année 2016 des destructions de maisons palestiniennes, ont été dénoncés au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le 19 octobre 2016. Environ six cent mille colons israéliens vivent aujourd’hui dans ces territoires. Les implantations incessantes de colonies, au nom de l’argument théologique intégriste selon lequel ces terres auraient « été données par Dieu à Israël », constituent une violation flagrante de la quatrième Convention de Genève selon laquelle une puissance occupante ne peut transférer dans un territoire occupé une partie de sa population.

Le lobby des colonies au parlement israélien, la Knesset, réclame « une loi d’annexion de la Judée et de la Samarie », c’est-à-dire de la Cisjordanie occupée en 1967. Le ministre israélien de l’Éducation, Naftali Bennett, demande celle de la « zone C », soit 60% de ce territoire. Même si le gouvernement Netanyahou feint de refuser une telle violation flagrante du droit international, il ne cesse de la préparer méthodiquement. La poursuite de la colonisation, qui compromet l’existence d’un État palestinien indispensable au retour de la paix dans la région, éloigne la reconnaissance par ses voisins de l’État d’Israël dans ses frontières de 1967, et, par conséquent, met aussi en danger sa survie.

Les représentants de l’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme B’Tselem et du mouvement La Paix maintenant qui ont témoigné devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, le 14 octobre 2016, des conséquences de l’occupation et de l’extension ininterrompue des colonies, sont accusés en Israël de trahison et sont l’objet d’une campagne de haine sans précédent. Des responsables politiques demandent qu’ils soient déchus de leur nationalité. Déjà, le 12 juillet 2016, la Knesset a adopté une loi renforçant les contrôles auxquels sont soumis B’Tselem et vingt-six autres mouvements en Israël dénonçant la colonisation. Les interventions de l’ONG Breaking the Silence dans les écoles et les casernes ont été interdites. Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, semblant juger favorable le moment où le président des États-Unis arrive à la fin de son mandat, menace d’une nouvelle guerre contre les institutions de la bande de Gaza qui « sera la dernière confrontation car nous les détruirons totalement ».

La seule manière d’obliger Israël à se conformer au droit international, d’imposer le respect des droits des Palestiniens, et de soutenir efficacement les courageux dissidents israéliens, est d’exercer des pressions internationales.

Suspension de l’accord d’association UE/Israël !

« Trop, c’est trop ! », conjointement avec le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens et avec le soutien de la Plateforme des ONG pour la Palestine, lance une campagne pour la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Cet accord s’est traduit récemment par des programmes de recherche dans le domaine militaire au profit d’Israël. Or il stipule que « toutes [ses] dispositions […] se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques » (article 2), et que sa suspension est possible « si une partie considère que l’autre ne satisfait pas à une obligation découlant du présent accord » (article 79). En s’en tenant strictement au droit international, l’Union européenne doit donc, par sa suspension, se conformer aux règles qu’elle a elle-même fixées et qu’elle a appliquées en d’autres circonstances.

Contre l’extension de la colonisation qui compromet chaque jour davantage l’établissement d’une paix juste entre un État d’Israël renonçant aux conquêtes de 1967 et un État palestinien, l’Europe doit avoir le courage de réagir.

Premiers signataires : Tewfik Allal, porte parole du Manifeste des Libertés ; Maryse Artiguelong, vice-présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ; Gérard Aschiéri, enseignant et responsible syndical ; Etienne Balibar, professeur émérite de philosophie Université Paris-Ouest ; Françoise Basch, professeure émérite Université Paris Diderot ; Sophie Bessis, historienne et essayiste ; Rony Brauman, médecin et politiste ; Anne Brunswic, journaliste et écrivaine ; Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite de droit public et sciences politiques Université Paris Diderot ; Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste ; Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ; Suzanne Citron, historienne et écrivain ; Yves Cohen, historien EHESS ; Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne professeure émérite Université Paris Diderot ; Michel Dreyfus, historien directeur de recherche au CNRS ; Ivar Ekeland, mathématicien et économiste ; François Gèze, éditeur ; Mohammed Harbi, historien professeur émérite Université Paris 8-Saint-Denis ; Christiane Hessel, présidente d’honneur de l’association palestinienne de La Voix de l’enfant ; Alain Joxe, directeur d’études EHESS ; Philippe Kalfayan, juriste en droit international et droit comparé ; Daniel Kupferstein, documentariste ; Abdellatif Laabi, écrivain ; Pascal Lederer, directeur de recherche émérite CNRS ; Catherine Lévy, sociologue CNRS ; Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien professeur émérite Université de Nice ; Daniel Lindenberg, essayiste et historien ; Vincent Lowy, professeur Université de Lorraine, directeur de l’Institut européen de cinéma & d’audiovisuel ; Gérard Maarek, urbaniste retraité ; Gilles Manceron, historien ; Elise Marienstras, professeur émérite de l’histoire des États-Unis Université Paris Diderot ; Sophie Mazas, avocate ; Fabienne Messica, sociologue ; Gilbert Meynier, historien professeur émérite Université Nancy II ; Laurent Mucchielli, sociologue directeur de recherche CNRS ; François Nadiras, militant LDH-Toulon ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Emmanuel Naquet, professeur et historien ; Michelle Perrot, historienne ; Bernard Ravenel, historien ; Vincent Rebérioux, délégué LDH Proche-Orient ; Michèle Riot-Sarcey, professeur émérite histoire contemporaine et histoire du genre Université Paris 8-Saint-Denis ; Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste ; Abraham Ségal, documentariste ; Bernard Stiegler, philosophe ; Jacques Testart, biologiste ; Michel Tubiana, président de EuroMed Droits ; Sylviane de Wangen, revue Confluences Méditerranée ; Bernard Wolfer, président du Cercle Condorcet de Paris.

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La campagne est lancée

« Trop, c’est trop ! » a participé le 16 novembre à Paris, à l’Assemblée nationale,  au lancement d’une campagne européenne pour atteindre cet objectif, lors d’une conférence de presse avec le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, et le soutien de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

Sont intervenus notamment :

  • Taoufiq Tahani, président de l’Association France Palestine Solidarité, pour le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens,
  • Gilles Manceron, historien, Ligue des droits de l’homme, pour le Collectif « Trop, c’est trop ! »,
  • Monique Chemillier-Gendreau, professeur émérite de droit public et spécialiste de droit international,
  • Alain Bosc, Cimade, pour la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

Etaient présents :

  • Kheira Bouziane-Laroussi, députée de Côte d’Or (Parti socialiste),
  • Noël Mamère, député écologiste de Gironde,
  • Marie-Christine Vergiat, députée européenne (Gauche unitaire européenne).

Des messages de soutiens d’autres parlementaires ont été reçus (notamment de Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger, Mouvement commun ; Marie-George Buffet, députée communiste ; Laurence Cohen, sénatrice, Parti communiste ; Yves Daniel, député de Loire-Atlantique, Parti socialiste ; Karima Delli, députée européenne EELV ; Marc Dolez, député du Nord, Front de gauche ; Patrick Durand, député européen, écologiste).

Cette campagne bénéficie du soutien de nombreux autres parlementaires nationaux et européens, et, pour lui donner un écho à l’échelle de l’Europe, de l’appui de la Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine (CECP).

Un dossier de presse [lien] explique le contenu de cet accord et les raisons qui amènent à en demander la suspension, il rappelle aussi une déclaration de Manuel Valls proposant d’« amener les parlements et les gouvernements à suspendre l’Accord d’association Union européenne-Israël ».

Un témoignage envoyé, à l’issue d’une mission culturelle et universitaire en Palestine, par Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien, professeur émérite de l’Université de Nice, a été lu par la jeune maire adjointe de Nanterre, Habiba Bigdade. [lien]

Pour signer la pétition et apporter votre soutien à nos initiatives, cliquez sur ce lien occupationpasdaccord.eu

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« Trop, c’est trop ! » soutient le film documentaire « This is my land » de Tamara Erde

 This is my land

« This is My Land » observe la manière dont on enseigne l’histoire dans les écoles, à travers six écoles publiques ou religieuses d’Israël et de Palestine. Portraits d’enseignants, enthousiastes ou révoltés, rencontres avec des enfants désenchantés, le film révèle les murs que l’on dresse dans la tête des jeunes générations.

La jeune réalisatrice vit en France mais a grandi en Israël où elle a effectué le service militaire qui lui a fait découvrir une réalité tout autre que celle qui lui avait été enseignée pendant sa scolarité. Elle a décidé pour ce film de retourner en Israël voir comment les programmes scolaires officiels traitent de l’histoire contemporaine et du conflit.

« Étant née et ayant grandi en Israël, j’ai reçu une éducation israélienne. Ce n’est qu’au cours de mon service militaire, durant la deuxième intifada, en 2002, que j’ai pu voir de près les procédures opérationnelles adoptées par l’armée israélienne à l’encontre des Palestiniens. J’ai alors commencé à douter, à remettre en question ce que j’avais appris jusqu’alors. Enfin, bien des années plus tard, j’ai compris à quel point l’enseignement de l’histoire de mon pays était partial et sélectif. » (Tamara Erde)

Ce film fait écho au livre Histoire de l’Autre (en anglais, Learning Each Other’s Historical Narrative) paru en 2002 simultanément en Israël et dans les Territoires palestiniens, à l’initiative de l’association Prime (Peace Research in the Middle East), co-dirigé par le professeur palestinien Sami Adwan, doyen de la faculté de Sciences de l’éducation de l’université de Bethlehem et par le psychiatre israélien Dan Bar On, professeur de psychologie à l’université Ben Gourion de Beersheva et spécialiste d’études génocidaires. Publié en français aux éditions Liana Levi en 2004, avec une préface de Pierre Vidal-Naquet, il avait été soutenu par « Trop, c’est trop ! ».

Durée : 1h33

Réalisation : Tamara Erde

Production : Saya France

Distribution : Aloest Distribution

Voir la bande-annonce du film

 thisismyland.film

 

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Atteinte à la libre expression du boycott à Toulouse

Le 18 mars 2016, le conseil municipal de Toulouse, par 58 votes favorables sur 69 élus, a mandaté l’exécutif municipal pour refuser « d’accueillir dans les établissements publics ou subventionnés de la ville de Toulouse des évènements visant à promouvoir le boycott d’Israël. » Et, suite à ce vote, la municipalité a fait savoir le 26 mai à l’association ATTAC qu’elle refusait de mettre à sa disposition une salle de la ville, la salle Ozette, pour une réunion organisée le 31 mai, dont l’objet était d’organiser le soutien à quatre militants poursuivis pour avoir mené la campagne en faveur de Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

En attirant l’attention sur ces faits par un communiqué daté du 30 mai intitulé « L’appel au boycott des produits israéliens : une expression citoyenne qui doit rester libre », la section de Toulouse de la Ligue des droits de l’Homme a souligné que, dans sa lettre, la mairie s’est abritée derrière un arrêt rendu par la Chambre criminelle de la Cour de Cassation le 20 octobre 2015. Celui-ci considère que le délit de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance était établi à l’encontre de ceux qui appellent au boycott de produits alimentaires en provenance d’un pays étranger.

La Ligue des droits de l’Homme a rappelé qu’un recours a été introduit devant la Cour européenne des droits de l’Homme à la suite de la décision de la Cour de Cassation, recours qui soutient que les appels au boycott visant des produits et non des personnes et font partie « d’une critique pacifique de la politique d’un Etat relevant du libre jeu du débat politique, au cœur de la notion de société démocratique ». En effet, pour la Ligue des droits de l’Homme, l’appel au boycott des produits israéliens lancé en 2005 par un collectif d’associations palestiniennes, et soutenu par des associations israéliennes, exprime par un moyen pacifique l’opposition à la politique de colonisation des territoires palestiniens de l’Etat d’Israël. Par conséquent, l’appel au boycott ne saurait souffrir de la moindre restriction dès lors qu’il ne s’accompagne pas de propos racistes ou antisémites qui, eux, doivent être poursuivis sans réserve.

Cette situation à Toulouse fait suite au vote le 16 février 2016 par les groupes PS et LR du Conseil de Paris de deux vœux condamnant l’expression d’appels au boycott. Suite à ces vœux, des menaces ont été exercées à l’encontre des organisateurs de manifestations de la campagne BDS et des pressions ont été faites sur des mairies d’arrondissements pour qu’elle n’accordent pas de salles pour des réunions dans ce cadre.

La section de Toulouse de la LDH a souligné que la Ligue des droits de l’Homme démontrait par ses actes qu’elle n’acceptait ni la mise en cause de la liberté d’expression, ni la moindre dérive raciste ou antisémite, et, qu’à ce titre, elle est fondée à dénoncer les amalgames qui remettent en cause les libertés publiques fondamentales et qui affaiblissent le combat contre le racisme et l’antisémitisme.

Dans ces conditions, rappelant que la LDH demande l’abrogation de la circulaire Michèle Alliot-Marie et la relaxe de tous les militants incriminés dans ce cadre, la section a appelé les élues et élus toulousains à refuser les confusions, les amalgames et les autoritarismes qui jettent un discrédit sur leur neutralité et qui attaquent une liberté d’expression fondamentale, socle de la citoyenneté dans notre pays et dans le monde.

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Une conférence à Paris le 30 mai 2016 : quelles pressions sur Israël ?

Une conférence internationale se tiendra à Paris le 30 mai 2016, avec les ministres des affaires étrangères d’une vingtaine de pays, supposée relancer un processus politique entre Israéliens et Palestiniens et préparer une nouvelle rencontre avec eux. Mais sans pressions internationales fortes, comment amener l’État d’Israël à suspendre sa colonisation de la Cisjordanie, à se conformer au droit international et aux résolutions des Nations unies ? C’est dans ce but que, le 9 juillet 2005, 172 organisations non gouvernementales palestiniennes ont lancé la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions.

En Israël même, ceux qui font partie de la minorité anticolonialiste demandent aussi que des pressions soient faites de l’extérieur pour obliger le gouvernement à cesser la colonisation, même s’ils ne soutiennent pas tous BDS, notamment en ce qui concerne le boycott des produits israéliens par les consommateurs d’Europe ou d’ailleurs.

« Trop, c’est trop ! » publie sur son site trois points de vue d’Israéliens anticolonialistes à ce sujet : Gideon Levy, Slomo Sand et Uri Avnery. Tous trois se rejoignent pour dénoncer les accusations d’antisémitisme à l’encontre de cette campagne, mais Avnery la juge contre-productive en raison des craintes et des préventions que le boycott des produits israéliens par les consommateurs suscite dans la société israélienne. Il nous incite à réfléchir sur la manière la plus efficace d’opérer des pressions sur Israël.

Les israéliens anticolonialistes face au boycott d’Israël

En matière de « sanctions », la mesure la plus redoutée par le gouvernement Netanyahou est la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. C’est elle qui est la plus susceptible de susciter des soutiens en Israël et c’est cette suspension que le gouvernement français et les gouvernements européens représentés à la conférence de Paris doivent mentionner explicitement si le gouvernement israélien refuse d’arrêter sa colonisation de la Cisjordanie.

« Trop, c’est trop ! »le 26 avril 2016

Contact et soutiens à ce texte trop-cest-trop@laposte.net

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