« Trop, c’est trop ! » est un collectif d’individus constitué à la fin de l’année 2001 à l’initiative de Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet pour protester contre l’enfermement de Yasser Arafat à Ramallah et les coups portés par l’armée israélienne à l’Autorité palestinienne. Il s’est exprimé de nouveau quand de nouvelles menaces ont compromis encore davantage la paix dans la région qui passe par l’existence d’un Etat palestinien. Continuer la lecture.

Pour la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël

 Les déclarations courageuses du représentant de l’association de défense des droits de l’homme israélienne B’Tselem au conseil de sécurité des Nations unies (cliquer sur l’image pour voir la vidéo et la traduction du discours en français)
Déclaration aux Nations Unies
et son article dans le quotidien Haaretz (Pourquoi je me suis exprimé à l’ONU contre l’occupation) expliquant pourquoi il appelait la communauté internationale à agir, ont suscité une nouvelle prise de position de « Trop, c’est trop ! » appelant à la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Pour signer la pétition cliquer ici : suspension de l’accord d’association

Les colonies israéliennes s’étendent en Cisjordanie

Les implantations de nouvelles colonies ne cessent de se multiplier dans les territoires palestiniens de Cisjordanie occupée. En juin 2016, le gouvernement de M. Netanyahou a permis la construction de 560 nouveaux logements pour les colons de Ma’ale Adoumim et 840 autres à Jérusalem-Est.  Il a poursuivi le Plan E1 visant à former une continuité territoriale entre Jérusalem-Est et cette colonie de Ma’ale Adumim pour couper en deux la Cisjordanie. Le projet d’Israël de construire 98 habitations dans la colonie de Shilo en Cisjordanie, ainsi que l’accélération durant l’année 2016 des destructions de maisons palestiniennes, ont été dénoncés au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le 19 octobre 2016. Environ six cent mille colons israéliens vivent aujourd’hui dans ces territoires. Les implantations incessantes de colonies, au nom de l’argument théologique intégriste selon lequel ces terres auraient « été données par Dieu à Israël », constituent une violation flagrante de la quatrième Convention de Genève selon laquelle une puissance occupante ne peut transférer dans un territoire occupé une partie de sa population.

Le lobby des colonies au parlement israélien, la Knesset, réclame « une loi d’annexion de la Judée et de la Samarie », c’est-à-dire de la Cisjordanie occupée en 1967. Le ministre israélien de l’Éducation, Naftali Bennett, demande celle de la « zone C », soit 60% de ce territoire. Même si le gouvernement Netanyahou feint de refuser une telle violation flagrante du droit international, il ne cesse de la préparer méthodiquement. La poursuite de la colonisation, qui compromet l’existence d’un État palestinien indispensable au retour de la paix dans la région, éloigne la reconnaissance par ses voisins de l’État d’Israël dans ses frontières de 1967, et, par conséquent, met aussi en danger sa survie.

Les représentants de l’organisation israélienne de défense des droits de l’Homme B’Tselem et du mouvement La Paix maintenant qui ont témoigné devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, le 14 octobre 2016, des conséquences de l’occupation et de l’extension ininterrompue des colonies, sont accusés en Israël de trahison et sont l’objet d’une campagne de haine sans précédent. Des responsables politiques demandent qu’ils soient déchus de leur nationalité. Déjà, le 12 juillet 2016, la Knesset a adopté une loi renforçant les contrôles auxquels sont soumis B’Tselem et vingt-six autres mouvements en Israël dénonçant la colonisation. Les interventions de l’ONG Breaking the Silence dans les écoles et les casernes ont été interdites. Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, semblant juger favorable le moment où le président des États-Unis arrive à la fin de son mandat, menace d’une nouvelle guerre contre les institutions de la bande de Gaza qui « sera la dernière confrontation car nous les détruirons totalement ».

La seule manière d’obliger Israël à se conformer au droit international, d’imposer le respect des droits des Palestiniens, et de soutenir efficacement les courageux dissidents israéliens, est d’exercer des pressions internationales.

Suspension de l’accord d’association UE/Israël !

« Trop, c’est trop ! », conjointement avec le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens et avec le soutien de la Plateforme des ONG pour la Palestine, lance une campagne pour la suspension de l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Cet accord s’est traduit récemment par des programmes de recherche dans le domaine militaire au profit d’Israël. Or il stipule que « toutes [ses] dispositions […] se fondent sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques » (article 2), et que sa suspension est possible « si une partie considère que l’autre ne satisfait pas à une obligation découlant du présent accord » (article 79). En s’en tenant strictement au droit international, l’Union européenne doit donc, par sa suspension, se conformer aux règles qu’elle a elle-même fixées et qu’elle a appliquées en d’autres circonstances.

Contre l’extension de la colonisation qui compromet chaque jour davantage l’établissement d’une paix juste entre un État d’Israël renonçant aux conquêtes de 1967 et un État palestinien, l’Europe doit avoir le courage de réagir.

Premiers signataires : Tewfik Allal, porte parole du Manifeste des Libertés ; Maryse Artiguelong, vice-présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ; Gérard Aschiéri, enseignant et responsible syndical ; Etienne Balibar, professeur émérite de philosophie Université Paris-Ouest ; Françoise Basch, professeure émérite Université Paris Diderot ; Sophie Bessis, historienne et essayiste ; Rony Brauman, médecin et politiste ; Anne Brunswic, journaliste et écrivaine ; Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite de droit public et sciences politiques Université Paris Diderot ; Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste ; Dimitris Christopoulos, président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ; Suzanne Citron, historienne et écrivain ; Yves Cohen, historien EHESS ; Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne professeure émérite Université Paris Diderot ; Michel Dreyfus, historien directeur de recherche au CNRS ; Ivar Ekeland, mathématicien et économiste ; François Gèze, éditeur ; Mohammed Harbi, historien professeur émérite Université Paris 8-Saint-Denis ; Christiane Hessel, présidente d’honneur de l’association palestinienne de La Voix de l’enfant ; Alain Joxe, directeur d’études EHESS ; Philippe Kalfayan, juriste en droit international et droit comparé ; Daniel Kupferstein, documentariste ; Abdellatif Laabi, écrivain ; Pascal Lederer, directeur de recherche émérite CNRS ; Catherine Lévy, sociologue CNRS ; Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien professeur émérite Université de Nice ; Daniel Lindenberg, essayiste et historien ; Vincent Lowy, professeur Université de Lorraine, directeur de l’Institut européen de cinéma & d’audiovisuel ; Gérard Maarek, urbaniste retraité ; Gilles Manceron, historien ; Elise Marienstras, professeur émérite de l’histoire des États-Unis Université Paris Diderot ; Sophie Mazas, avocate ; Fabienne Messica, sociologue ; Gilbert Meynier, historien professeur émérite Université Nancy II ; Laurent Mucchielli, sociologue directeur de recherche CNRS ; François Nadiras, militant LDH-Toulon ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Emmanuel Naquet, professeur et historien ; Michelle Perrot, historienne ; Bernard Ravenel, historien ; Vincent Rebérioux, délégué LDH Proche-Orient ; Michèle Riot-Sarcey, professeur émérite histoire contemporaine et histoire du genre Université Paris 8-Saint-Denis ; Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste ; Abraham Ségal, documentariste ; Bernard Stiegler, philosophe ; Jacques Testart, biologiste ; Michel Tubiana, président de EuroMed Droits ; Sylviane de Wangen, revue Confluences Méditerranée ; Bernard Wolfer, président du Cercle Condorcet de Paris.

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