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Israël fête ses 70 ans, et après ?

15 mai 2018

Soixante-dix ans après la création de l’Etat d’Israël, diverses personnalités appellent l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine. 

Israël fête ses 70 ans d’existence. Sa proclamation en 1948 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale marquée par le génocide des Juifs d’Europe, a été accueillie dans le monde comme un refuge pour les survivants et comme un espoir. En même temps, elle a dépossédé les Palestiniens d’une partie importante de leur pays et représenté pour eux une catastrophe, la Naqba. 70 ans plus tard, l’Etat d’Israël est une réalité, comme est une réalité le fait que des millions de Palestiniens vivent dans une situation insupportable d’occupation, d’enfermement à Gaza, de discriminations en Israël ou d’exil.

Depuis 1948, ces deux réalités s’entrechoquent entraînant du sang et des larmes, entravant l’avenir des peuples de la région et produisant ses effets jusqu’en Europe et dans le reste du monde. L’occupation et la colonisation poursuivie par Israël depuis 1967 de territoires ne faisant pas partie de ses frontières internationalement reconnues aggrave une situation régionale par ailleurs bouleversée par de nombreux conflits et fait peser de lourdes menaces sur la paix mondiale.

Ce qui n’est pas supportable, c’est la négation assumée des droits du peuple palestinien par la force brute de la répression et des armes. S’appropriant les terres, cantonnant les Palestiniens à des territoires de plus en plus réduits, les différents gouvernements israéliens détruisent de plus en plus sûrement tout espoir que deux Etats puissent vivre en paix, côte à côte, avec Jérusalem comme capitale commune. Le résultat de leur politique interroge, certes, sur la possibilité de cette solution. La poursuite continue de la colonisation conduisant à l’installation de quelque 700 000 colons en Cisjordanie a sapé les espoirs suscités par le processus d’Oslo. Mais il est clair que l’hypothèse louable d’un seul Etat ouvert à tous avec les mêmes droits se heurte aux aspirations nationales des deux peuples. L’établissement de deux Etats dans les frontières de 1967, garantissant une solution aux réfugiés et établissant Jérusalem comme capitale des deux pays, reste, au moins à court et moyen terme, la seule solution viable.

Il est illusoire de penser que laisser le gouvernement israélien et l’autorité palestinienne face à face permettrait d’avancer dans cette voie. Seule l’intervention de la communauté internationale permettra de peser sur les deux parties, en particulier sur les autorités israéliennes qui se sentent revêtues de l’impunité que leur confère le soutien indéfectible des Etats-Unis.

C’est donc à l’Union européenne d’agir. L’Europe doit cesser de regarder ce conflit comme une séquelle de ses responsabilités dans le génocide des juifs et de la manière dont y ont été traités les survivants. Ramener le gouvernement israélien au respect du droit et à la raison, dénoncer sa politique, n’est en rien une manifestation d’antisémitisme. Antisémitisme dont nous combattons les manifestations insupportables qui se produisent partout en Europe.

Nous appelons l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine. La France doit agir en ce sens en procédant elle-même à cette reconnaissance sans délai.

Les signataires:

Tewfik Allal, militant associatif,
Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’EPHE,
Bertrand Badie, professeur à l’IEP Paris,
Françoise Basch, universitaire,
Sophie Basch, professeur à Sorbonne Université,
Esther Benbassa, sénatrice EELV, universitaire,
Sophie Bessis, historienne,
Françoise Blum, ingénieure CNRS,
Barbara Cassin, chercheur CNRS,
Mouhieddine Cherbib, militant associatif CRLDH Tunisie,
Alice Cherki, psychanalyste,
Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne,
Michel Deyfus, directeur de recherche au CNRS,
Dominique Guibert, président de l’AEDH,
Jeanne Favret-Saada, ethnologue,
Christiane Hessel, présidente d’honneur de Les Enfants, le Jeu, l’Education,
Alain Joxe, directeur d’études à l’EHESS,
Robert Kissous, militant associatif,
Abdelatif Laabi, écrivain,
Nicole Lapierre, socio-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS,
Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH,
Jean-Claude Lefort, député honoraire,
Catherine Lévy, sociologue CNRS,
Gilles Manceron, historien,
Michel Mousel, militant politique,
Fabienne Messica, sociologue,
Bernard Ravenel, historien,
Vincent Rebérioux, LDH,
Malik Salemkour, président de la LDH,
Maurice Sartre, professeur émérite d’histoire ancienne,
Abraham Ségal, documentariste,
Denis Sieffert, journaliste,
Taoufiq Tahani, universitaire, président d’honneur de l’AFPS,
Athéna Tsingarida, professeure à l’Université libre de Bruxelles,
Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH,
Marie-Christine Vergiat, députée européenne,
Georges Vigarello, EHESS,
Sylviane de Wangen, comité de rédaction de Confluences Méditerranée.

À Paris, rencontre-débat le 13 février 2018 avec « Jewish Voice for Peace »

L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) invitent Rebecca Vilkomerson, directrice exécutive de Jewish Voice for Peace (JVP).

le mardi 13 février, à 20h,
salle Jean Dame
17, rue Léoplold Bellan, 75002 Paris

Aux Etats-Unis, Jewish Voice for Peace (JVP) est une association active au niveau local et national et qui puise son inspiration dans la tradition juive afin d’œuvrer pour la pleine égalité et la liberté pour tous les peuples en Israël/Palestine.

JVP est suivie par plus de 250 000 personnes/sympathisant-e-s sur Internet, compte plus de 70 sections locales, une branche jeunesse, et plusieurs conseils : rabbinique, artistique, universitaire ; ainsi qu’un conseil consultatif composé d’intellectuels et artistes américains majeurs.

Jewish Voice for Peace fait partie des 21 ONG dont, par un décret du 7 janvier 2018, Israël veut interdire l’accès à son territoire.

Flyer de cette rencontre

Poursuivons l’engagement de Suzanne Citron

Suzanne Citron (1922-2018)

une historienne anticolonialiste

L’historienne Suzanne Citron (1922-2018) est morte à Paris le 22 janvier 2018. Engagée contre le colonialisme lors de la guerre d’Algérie, elle avait fondé ensuite, en 2001, aux côtés de Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet, le collectif « Trop, c’est trop ! » pour la défense des droits des Palestiniens, dont elle a été, jusqu’à sa mort, l’un des membres les plus actifs.

Le quotidien Le Monde daté du 25 janvier rappelle qu’elle était l’auteur, le 18 juillet 2017, d’une tribune publiée sur lemonde.fr « reprochant au président de la République, Emmanuel Macron, d’entretenir une confusion sur l’histoire de France en invitant le premier ministre israélien pour la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv. Le propos était bref – trois paragraphes –, mais sans concession. “Je dénie formellement toute justification à la présence d’un homme cautionnant les exactions et les méfaits de la colonisation israélienne en Palestine et je récuse la sempiternelle et démagogique confusion entre antisémitisme et critique de l’Etat d’Israël”, écrivait-elle ». En même temps, elle était, avec notamment Sophie Bessis, l’une des signataires du texte du collectif « Trop, c’est trop ! » intitulé « Que fait M. Nétanyahou à la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv ? », publié en particulier par Mediapart le 15 juillet 2017 : « M. Macron n’est certainement pas antisémite mais, en mêlant Israël à une commémoration française, il semble porter inconsciemment toute la mémoire de l’antisémitisme européen, selon lequel un Juif n’est jamais vraiment un Français ou un ressortissant d’une autre nation, il relève d’une appartenance autre, il est d’abord et parfois seulement un Juif. Tant qu’en Europe et ailleurs, on continuera à confondre judéité et Etat d’Israël, on nourrira d’une part l’antisémitisme et on encouragera de l’autre cet Etat à instrumentaliser celui-ci pour poursuivre sa catastrophique politique de colonisation ».

Née Suzanne Grumbach, engagée à 20 ans dans la Résistance, à Lyon, en 1942, arrêtée par la Gestapo, elle avait été internée au camp de Drancy le 4 juillet 1944, avant de pouvoir en partir le 17 août lors de la libération de Paris. Encore, à Noël 2017, scandalisée par le fait que le Crif ait demandé au Président de la République, Emmanuel Macron, que la France suive l’exemple de Donald Trump en transférant à Jérusalem son ambassade auprès de l’Etat d’Israël, elle avait insisté auprès du Collectif « Trop, c’est trop ! » pour qu’il réagisse de nouveau. Elle s’est jointe au texte intitulé « Les États-Unis de Donald Trump désavoués à l’ONU sur Jérusalem, la France doit agir plus fortement, à l’opposé des demandes scandaleuses du Crif », qui a été publié notamment le 28 décembre 2017 par le quotidien l’Humanité (lien).

Nul doute qu’elle se serait associée à l’appel publié le lendemain de sa mort par lemonde.fr exigeant d’Israël « la fin des pratiques de détentions qui constituent une violation des droits des enfants », à la suite notamment de l’emprisonnement de la jeune Ahed Tamimi et alors que des centaines d’enfants sont condamnés par des tribunaux militaires.

Lors de son séjour en Israël, les 21 et 22 janvier 2018, le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, a apporté un soutien total au parti des colons en Israël. Le site internet du quotidien Haaretz montre les images de l’expulsion scandaleuse, par la force, des députés représentant la minorité palestinienne d’Israël qui manifestaient silencieusement leur réprobation lors de son discours devant le Parlement israélien.

Dans une situation où en Israël le parti des colons favorable à la poursuite infinie de la colonisation de la Palestine est actif et déterminé, où il est soutenu fortement par les fondamentalistes chrétiens des Etats-Unis dont Mike Pence est un représentant, et où la majorité de l’opinion israélienne est indifférente au sort des Palestiniens, il est clair que seule l’indignation et l’action de l’opinion internationale peut s’opposer au cycle prévisible de la violence. Les voix de personnalités comme Suzanne Citron sont particulièrement importantes pour obtenir de la France et de l’Europe qu’elles condamnent et qu’elles sanctionnent la politique d’Israël de colonisation de la Palestine.

Son exemple nous renforce dans notre détermination à continuer à y contribuer. Merci de nous y aider.

 

L’accès au territoire palestinien ne doit pas être entravé

L’accès au territoire palestinien ne doit pas être entravé

Jérusalem doit être reconnu aussi capitale de l’Etat palestinien

Le site de « Trop, c’est trop ! » a alerté sur le vote par le Parlement israélien, le 6 mars 2017, d’une loi interdisant l’entrée en Israël des étrangers opposés à la politique du gouvernement, en publiant trois articles du quotidien Haaretz du 8 mars protestant contre ce vote 

L’application de cette loi a été précisée le 7 janvier 2018 par la publication d’une liste de 21 ONG dont Israël veut interdire l’accès de son territoire. Ce qui leur empêche aussi celui du territoire palestinien, possible seulement par Israël ou des points de contrôle israéliens. Parmi elles, l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et l’organisation états-unienne Jewish Voice for Peace. L’AFPS a demandé d’urgence un rendez-vous au président de la République et au ministre des Affaires étrangères pour qu’ils exigent du gouvernement israélien l’annulation de ces mesures et envisagent le cas échéant des mesures de réciprocité.

On trouve sur le site de « Trop, c’est trop ! » le communiqué de protestation de l’AFPS
AFPS : liste noire d’associations et ONG « indésirables » en Israël ainsi que l’annonce d’une

rencontre-débat avec Bernard Ravenel
le lundi 15 janvier 2018
à 20heures 30

Où en est le mouvement national palestinien ? Quelles sont ses options ? 

à l’occasion de la sortie de son livre, La Résistance palestinienne : des armes à la non-violence (l’Harmattan, 2017), Présentation par les Editions l’Harmattan

organisée par La Paix Maintenant (France), au Cercle Bernard Lazare, 10 rue Saint Claude, Paris 3 (M° Saint-Sébastien-Froissart, participation aux frais 5 €).

Le débat sera mené par Marc Lefèvre, membre fondateur des Amis de Shalom Akhshav en France et porte-parole de La Paix Maintenant. Bernard Ravenel, ancien président de l’AFPS, est l’un des animateurs du collectif « Trop, c’est trop ! ».

Ci-dessous, – présent également sur le site de « Trop, c’est trop ! » – , le texte :
« Daniel Barenboïm : Jérusalem doit être la capitale d’Israël et de la Palestine »

Jérusalem doit être la capitale d’Israël et de la Palestine !

Daniel Barenboïm, Le Monde du 23/12/2017.

La décision du gouvernement américain de transférer l’ambassade des Etats-Unis en Israël vers Jérusalem, et ainsi de reconnaître de facto Jérusalem comme capitale d’Israël, est la dernière d’une série de graves décisions dans le conflit israélo-palestinien. Ce choix illustre clairement le fait que, dans ce conflit, chaque démarche extérieure tend à favoriser l’une des parties et à démoraliser la seconde, ce qui conduit à une certaine euphorie d’un côté et à la violence de l’autre. En l’absence d’une opposition claire et ferme à cette disposition, la perspective d’une solution au conflit israélo-palestinien s’éloignera encore plus.

La nouvelle flambée de violence résultant de la décision des Etats-Unis ainsi que les réactions internationales mettent en évidence combien il est nécessaire de penser certains aspects de ce conflit de manière nouvelle. Cela fait plusieurs décennies déjà que le monde parle d’une éventuelle solution à deux Etats – encore faudrait-il poser d’abord la question : où est le deuxième Etat ?

Cette question est particulièrement importante parce que le conflit israélo-palestinien est différent de centaines d’autres conflits dans l’histoire de l’humanité. En règle générale, un conflit a lieu entre deux nations ou deux groupes ethniques qui s’affrontent à propos de frontières ou de ressources, comme l’eau ou le pétrole. Mais dans le cas du conflit israélo-palestinien, il ne s’agit pas d’un conflit entre deux nations ou deux Etats, mais entre deux peuples, qui sont tous deux absolument convaincus d’avoir un droit sur le même petit morceau de terre et qui veulent y vivre – de préférence sans l’autre. C’est pourquoi ce conflit ne saurait être résolu de manière militaire ou purement politique. Il doit y avoir une solution humaine.

L’historique de ce conflit est connu, il n’est pas utile d’en rappeler les détails. La décision de diviser la Palestine en 1947 n’a pas été acceptée par l’ensemble du monde arabe à l’époque. Peut-être que cette décision était une erreur ou bien peut-être que les réactions à cette décision l’étaient ; d’un point de vue palestinien en tout cas, ce fut une catastrophe. Mais la décision fut prise, et nous avons tous dû apprendre à vivre avec ses conséquences. La plupart des Palestiniens ont abandonné leur revendication sur le territoire complet de la Palestine et se sont déclarés prêts à partager le territoire.

Israël, en revanche, poursuit sa politique de colonisation illégale dans les territoires palestiniens et manifeste par là bien peu de volonté à faire un pas en direction des Palestiniens. Le conflit est symétrique par certains aspects. Mais d’autres aspects sont asymétriques : Israël est déjà un Etat, un Etat fort, et doit donc assumer une plus grande part des responsabilités.

Plus personne aujourd’hui ne remet sérieusement en question le droit d’Israël à exister. Pourtant, le monde est divisé sur le sujet d’Israël. D’une part, il y a les nations qui se sentent responsables de l’horreur infligée aux juifs par l’Europe — et on ne peut que se réjouir que ce sentiment de responsabilité persiste aujourd’hui.

Malheureusement, d’autre part, se trouvent des gens qui remettent en cause l’Holocauste, ce qui stimule certaines positions extrêmes dans le monde arabe et qui – à raison – fait douter la population juive d’Israël. Mais, malgré toutes les critiques, justifiées, de l’inimitié palestinienne contre Israël, on ne doit pas voir celle-ci comme une continuité de l’antisémitisme européen. Face à la décision unilatérale des Etats-Unis, j’en appelle au reste du monde : reconnaissez l’Etat de Palestine, tout comme vous avez reconnu l’Etat d’Israël. On ne peut attendre de deux peuples, ou même de deux personnes, aucun compromis, s’ils ne se reconnaissent pas mutuellement.

Pour une solution à deux Etats, il nous faut deux Etats, et ils n’existent pas actuellement. La Palestine est occupée depuis cinquante ans, et on ne peut pas attendre des Palestiniens qu’ils acceptent d’entrer en négociation dans cette position. Toutes les nations qui souhaitent sincèrement une solution à deux Etats doivent reconnaître l’Etat de Palestine et exiger parallèlement le début d’un dialogue sérieux.

Les démarches unilatérales comme la décision des Etats-Unis ne peuvent que nuire à la situation puisqu’elles donnent de faux espoirs à une partie et créent du désespoir chez l’autre. Elles ne peuvent être comprises que comme une provocation. S’il n’y avait pas l’historique des soixante-dix dernières années, on pourrait peut-être envisager un Etat binational. Mais dans ce contexte, on ne peut que comprendre les hésitations des deux côtés, et la seule solution possible au conflit est la solution à deux Etats pour laquelle, par définition, il faut deux Etats.

J’invite les peuples d’Israël et de Palestine à exprimer de manière claire et ferme qu’ils en ont assez de ce conflit qui dure depuis des décennies et qu’ils veulent enfin la paix. Une solution équitable à deux Etats serait la seule voie qui soit à la fois juste pour les Palestiniens et sûre pour les Israéliens. Et en ce qui concerne Jérusalem, la solution me semble logique. Jérusalem est une ville sainte pour le judaïsme comme pour l’islam et le christianisme. Dans le cadre d’une solution équitable à deux Etats, je ne vois aucun problème à considérer Jérusalem-Ouest comme la capitale d’Israël et Jérusalem-Est comme la capitale de la Palestine.

C’est pourquoi j’en appelle aux grandes nations qui n’ont pas encore reconnu l’Etat de Palestine à le faire maintenant – et à coupler cette reconnaissance avec un engagement à démarrer immédiatement des négociations sur les tracés des frontières et les autres aspects essentiels du conflit.

Il ne s’agirait pas d’une mesure à l’encontre d’Israël, mais en faveur d’une solution acceptable pour les deux parties. Il est tout à fait clair que la volonté des deux peuples, israélien comme palestinien, en faveur de la paix doit être équivalente. On ne peut pas forcer une solution uniquement depuis l’extérieur. J’étends donc cet appel, et j’invite les peuples d’Israël et de Palestine à exprimer de manière claire et ferme qu’ils en ont assez de ce conflit qui dure depuis des décennies et qu’ils veulent enfin la paix.

Le site permet la signature en ligne de la pétition de la campagne pour la suspension de l’Accord d’association de l’Union européenne avec Israël et de faire des dons sécurisés via internet pour l’aider à continuer son action http://www.occupationpasdaccord.eu/fr. Merci de votre soutien.

Suite au vote de l’Assemblée des Nations-unies sur Jérusalem

Les États-Unis de Donald Trump désavoués à l’ONU sur Jérusalem, la France doit agir plus fortement, à l’opposé des demandes scandaleuses du Crif.

Depuis que Donald Trump a annoncé, le 7 décembre 2017, qu’il va transférer l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, car « Jérusalem est la capitale d’Israël », l’isolement diplomatique de ce pays sur ce sujet est croissant. Dans le monde entier, les voix se sont multipliées pour condamner cette décision contraire au droit international, qui met gravement en péril toute solution de ce conflit fondée sur la justice et le droit.

Au conseil de sécurité des Nations-Unies, le 18 décembre, les États-Unis ont été seuls à opposer leur véto à une résolution dénonçant cette décision votée par les 14 autres États membres. A l’assemblée générale extraordinaire immédiatement convoquée, ils ont été désavoués, le 21 décembre, par 128 voix pour et seulement 9 contre. Malgré leurs menaces de représailles financières, inédites et perçues par tous comme inadmissibles, ils n’ont obtenu des autres États que 35 abstentions et quelques absences lors du vote.

La France a voté cette résolution condamnant la position des États-Unis. Quant au Crif, il a lancé un appel consternant au président de la République l’invitant à suivre la décision irresponsable de Donald Trump en déplaçant à son tour l’ambassade de France à Jérusalem. Cet organisme a montré une fois de plus qu’il n’est représentatif que des forces politiques israéliennes qui soutiennent l’extension continue de la colonisation de la Palestine au mépris du droit légitime des Palestiniens à avoir leur État et de toute recherche d’une paix juste dans la région.

Face à cette dérive des États-unis de Donald Trump, c’est au contraire à la France et à l’Europe de faire entendre leur voix. En affirmant que Jérusalem doit être la capitale reconnue de deux États et que Jérusalem-Ouest n’accueillera les ambassades que lorsque Israël reconnaîtra Jérusalem-Est comme la capitale de l’État de Palestine. La France et l’Europe doivent reconnaître au plus vite l’État palestinien — ce qu’Emmanuel Macron se refuse toujours à faire. Et elles doivent exercer des pressions sur Israël, en particulier par la suspension de l’Accord d’association de l’Union européenne avec cet État tant qu’il n’aura pas renoncé à ses violations du droit international.

Texte à l’initiative du Collectif « Trop, c’est trop ! »,

Sophie Bessis, Suzanne Citron, Bertrand Heilbronn, Gilles Manceron, Bernard Ravenel, Abraham Ségal.

Consulter les sites www.trop-cest-trop.fr et france-palestine.org