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Solidarité avec les manifestations pacifiques à Gaza. Mobilisation contre la « loi de l’Etat nation » en Israël.

Sont regroupés sur notre site un certain nombre de documents traitant de cette information :

 

  • Un article de Bernard Ravenel sur cette nouvelle stratégie de résistance populaire et pacifique des Palestiniens et sa violente répression [Lien],

 

 

 

  • Intervention, du directeur exécutif de l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem, Hgaï El-Ad devant le Conseil de sécurité des Nations-Unies du 18 octobre 2018 [Lien].

Pour l’égalité de tous les citoyens en Israël

Pour l’égalité de tous les citoyens en Israël

Le 19 juillet 2018, le Parlement israélien adoptait la loi définissant Israël comme Etat-nation du peuple juif.

Cette loi est le concentré, l’aboutissement, de la politique de la droite et de l’extrême-droite israélienne. En une douzaine de points :

  •  elle affirme la prédominance ethnique juive en Israël ;
  •  elle encourage la colonisation juive, présentée comme valeur nationale, et confirme l’annexion de Jérusalem déclarée unilatéralement capitale d’Israël ;
  • elle précise explicitement que le peuple juif est le seul à exercer le droit à l’autodétermination en Israël sans préciser les frontières de celui-ci ;
  • elle retire même à la langue arabe le statut de langue officielle désormais réservé exclusivement à la langue hébraïque.

Ainsi le postulat d’une inégalité fondamentale, inscrite dans le droit et pas seulement dans les faits, est établi entre les citoyens d’un même pays, d’un côté les citoyens juifs ou d’origine juive et de l’autre côté les citoyens arabes et non juifs qui deviendraient juridiquement des citoyens de seconde catégorie.

C’est dire que cette loi renie ouvertement la promesse de la Déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 selon laquelle le nouvel Etat « assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe ». Contrairement à la loi fondamentale de 1992 « sur la dignité de l’homme et sa liberté », elle ne fait plus aucune référence ni à la démocratie ni à l’égalité.

Autant de violations des fondements d’un Etat démocratique et autant de violations du droit international.

De nombreuses personnalités, juives et non-juives, se sont élevées contre cette loi. Le président du Congrès juif mondial a fermement critiqué la politique poursuivie par le gouvernement israélien, les lois récemment adoptées et spécifiquement cette loi Etat-nation.

En Israël, des manifestations importantes, regroupant des dizaines de milliers d’israéliens, de toutes origines et de toutes confessions, ont eu lieu à plusieurs reprises contre cette loi qui institue une discrimination entre les citoyens.

Nous appelons à se tenir aux côtés des progressistes israéliens – sans distinction d’origine ethnique – pour exiger :

  • l’abolition de cette loi inique ;
  • l’égalité de droit de tous les citoyens israéliens ;
  • que cessent les atteintes de plus en plus graves aux libertés démocratiques et aux droits humains.

A l’initiative de :

Robert Kissous, économiste ; Gilles Manceron, historien ; Bernard Ravenel, historien ; Michel Tubiana, avocat ; Dominique Vidal, journaliste et historien

 

Premiers signataires :

Wadih Al-Asmar, président du réseau Euromed droits ; Gadi Algazi, historien, Tel Aviv ; Arié Alimi, avocat ; Tauba Alman, membre du Bureau de l’UJRE (Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide) ; JeanChristophe Attias, universitaire ; Bertrand Badie, professeur émérite ; Esther Benbassa, directrice de recherches ; Pierre Barbancey, grand reporter ; Françoise Basch, professeur émérite ; Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH ; Sophie Bessis, historienne ; Bernard Bloch, écrivain, metteur en scène et comédien ; Rony Brauman, ex-président de MSF, enseignant, essayiste ; Barbara Cassin, philosophe ; Monique Cerisier ben Guiga, sénatrice honoraire ; JeanPaul Chagnollaud, professeur émérite des universités ; Denis Charbit, universitaire (Israël) ; Monique Chemillier-Gendreau, professeur émérite de droit public et science politique ; Alice Cherki, psychiatre et essayiste ; Dimitris Christopoulos, président de la FIDH ; Martine Cohen, sociologue émérite au CNRS ; Sylvain Cypel, journaliste ; Michel Dreyfus, historien; Jean-Pierre Dubois, professeur d’université ; Françoise Dumont, présidente d’honneur de la LDH ; Dominique Eddé, écrivaine ; Bernard Frederick, journaliste, rédacteur en chef de la Presse nouvelle magazine (PNM) ; Jean Giard, ancien député ; Mohammed Harbi, historien ; Christiane Hessel ; Marcel Hipszman, retraité ; Eva Illouz, directrice d’études EHESS ; Kamel Jendoubi, ancien ministre, ancien président d’Euromed droits ; Daniel Kupferstein, réalisateur ; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité ; Henri Leclerc, avocat ; Pascal Lederer, co-animateur d’Une Autre Voix Juive ; Catherine Lévy, sociologue du travail ; Jacques Lewkowicz, président de l’UJRE ; Danièle Lochak, universitaire ; Michael Löwy, directeur de recherches émérite ; Gérard Maarek, urbaniste retraité ; Gustave Massiah, ingénieur et économiste ; Fabienne Messica, sociologue ; JeanLuc Nancy, professeur émérite ; Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue ; Gilles Perrault, écrivain ; Catherine Sackur, écrivaine ; Jean Louis Sackur, metteur en scène ; Marc Sackur, retraité de l’Éducation nationale ; Malik Salemkour, président de la LDH ; Abraham Ségal, cinéaste documentariste ; Denis Sieffert, journaliste ; Bernard Stiegler, philosophe ; Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la LDH ; Jacques Testart, biologiste et essayiste ; Enzo Traverso, historien ; Robert Zimmerman, éditeur

 

Pour signer l’appel en ligne :  http://pouregalitecitoyensisrael.wesign.it/fr#

Contact : pouregalitecitoyensisrael@gmail.com

 

Il a été publié mardi 16/10 au soir sur le site du journal Libération et mercredi 17/10 dans le quotidien l’Humanité et sur Médiapart.

https://www.liberation.fr/debats/2018/10/16/pour-l-egalite-de-tous-les-citoyens-en-israel_1685513


https://www.humanite.fr/appel-pour-legalite-de-tous-les-citoyens-en-israel-662313

https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/171018/appel-pour-legalite-de-tous-les-citoyens-en-israel

Il peut être signé en ligne  http://pouregalitecitoyensisrael.wesign.it/fr#

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Dans Gaza, prison à ciel ouvert, une nouvelle stratégie de résistance populaire non-violente

 

Dans Gaza, prison à ciel ouvert, une nouvelle stratégie de résistance populaire non-violente                                                                                                                            Bernard Ravenel

 

Extraits de l’article, « Le moment Gaza 2018 et les armes de la non-violence », de Bernard Ravenel, historien et l’un des animateurs du Collectif « Trop, c’est trop ! », membre du comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée. Cet article figure dans la revue Confluences Méditerranée, n°106, automne 2018, et peut être obtenu sur le site : Confluences Méditerranée. Bernard Ravenel est l’auteur du livre, La résistance palestinienne : des armes à la non-violence, paru à L’Harmattan en 2017.

 Tout au long du deuxième trimestre 2018 s’est déroulée dans la bande de Gaza une mobilisation massive et pacifique organisée par la société civile palestinienne. Celle-ci a voulu faire connaître au monde sa souffrance due principalement au blocus établi par Israël depuis plus d’une décennie. Refusant, sur la pression de la jeunesse, la voie armée pratiquée par le Hamas et le Djihad islamique, cette mobilisation populaire non-violente a été l’objet d’une répression immédiate et violente de la part de l’armée israélienne qui a fait au moins 118 morts et des milliers de blessés graves. Ce massacre commis délibérément par l’armée israélienne signe aux yeux du monde la défaite morale donc politique d’Israël dans sa confrontation centenaire avec le peuple palestinien; il exprime l’impasse dans laquelle se trouve Israël, avec son immense potentiel de violence, obligé de s’interroger sur sa capacité politique d’apporter une solution au problème palestinien.

 […] En mai 2018, le monde entier a été témoin d’un événement considérable avec le massacre par l’armée israélienne de civils palestiniens venus manifester sur leur propre territoire pour montrer leur volonté d’en finir avec une intenable situation créée par un blocus qui dure depuis plus d’une décennie. Et en rappelant qu’ils n’oubliaient pas le vol de leurs terres en 1948 par l’Etat d’Israël. Ce jour du 14 mai sera celui de la défaite morale donc politique d’Israël car il a révélé au monde entier que cet Etat n’avait pas de réponse au problème palestinien sauf celle du massacre que l’indignation mondiale ne supportera pas indéfiniment. C’est ce qu’a constaté sur place dès le 15 mai le quotidien israélien Haaretz : « L’image d’Israël est K.0. Désormais et pour longtemps l’opinion publique internationale ne verra de nouveau que le fort contre le faible, l’occupant contre l’occupé, l’espoir indécent d’un Etat sans cœur (Israël) contre le désespoir ».  

Prévue jusqu’au 15 mai, jour de la commémoration de la Nakba, la Grande marche du retour a été en fait lancée le 30 mars 20181 par l’ensemble des forces de la société civile de la Bande de Gaza, après avoir été annoncée et préparée par ses organisateurs en sorte qu’elle soit absolument pacifique. Pourtant elle a très vite attiré un détachement armé israélien dont une centaine de snipers (tireurs d’élite) vite installés en position de tir face à la foule aux mains nues. Israël, dans sa permanente logique répressive, a choisi ainsi une réponse violente indiscriminée, qui consiste à cibler et tuer des civils désarmés. Cependant cette répression armée contre la mobilisation civile non-violente de la société gazaouie soutenue par toutes les forces politiques, pour une fois unies, pourrait préfigurer un tournant majeur aussi bien dans l’histoire de la stratégie militaire israélienne que dans celle de la résistance palestinienne dans le territoire de Gaza. Après l’échec de la lutte armée du Hamas et du Djihad islamique, les Palestiniens ont en effet mis en œuvre une stratégie et à une tactique politiques nouvelles : le refus unilatéral des armes non comme repli tactique mais comme stratégie assumée du désarmé dans une lutte de masse à armes inégales.

Pour comprendre le sens de cet acte « insensé » du pouvoir israélien mais aussi l’émergence de cette modalité de lutte qu’est la résistance non-violente de masse à Gaza, il faut resituer l’arrière-plan historique et géographique avant d’analyser les dynamiques récentes à l’œuvre et leur caractère inédit. Continuer la lecture de Dans Gaza, prison à ciel ouvert, une nouvelle stratégie de résistance populaire non-violente 

Israël fête ses 70 ans, et après ?

15 mai 2018

Soixante-dix ans après la création de l’Etat d’Israël, diverses personnalités appellent l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine. 

Israël fête ses 70 ans d’existence. Sa proclamation en 1948 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale marquée par le génocide des Juifs d’Europe, a été accueillie dans le monde comme un refuge pour les survivants et comme un espoir. En même temps, elle a dépossédé les Palestiniens d’une partie importante de leur pays et représenté pour eux une catastrophe, la Naqba. 70 ans plus tard, l’Etat d’Israël est une réalité, comme est une réalité le fait que des millions de Palestiniens vivent dans une situation insupportable d’occupation, d’enfermement à Gaza, de discriminations en Israël ou d’exil.

Depuis 1948, ces deux réalités s’entrechoquent entraînant du sang et des larmes, entravant l’avenir des peuples de la région et produisant ses effets jusqu’en Europe et dans le reste du monde. L’occupation et la colonisation poursuivie par Israël depuis 1967 de territoires ne faisant pas partie de ses frontières internationalement reconnues aggrave une situation régionale par ailleurs bouleversée par de nombreux conflits et fait peser de lourdes menaces sur la paix mondiale.

Ce qui n’est pas supportable, c’est la négation assumée des droits du peuple palestinien par la force brute de la répression et des armes. S’appropriant les terres, cantonnant les Palestiniens à des territoires de plus en plus réduits, les différents gouvernements israéliens détruisent de plus en plus sûrement tout espoir que deux Etats puissent vivre en paix, côte à côte, avec Jérusalem comme capitale commune. Le résultat de leur politique interroge, certes, sur la possibilité de cette solution. La poursuite continue de la colonisation conduisant à l’installation de quelque 700 000 colons en Cisjordanie a sapé les espoirs suscités par le processus d’Oslo. Mais il est clair que l’hypothèse louable d’un seul Etat ouvert à tous avec les mêmes droits se heurte aux aspirations nationales des deux peuples. L’établissement de deux Etats dans les frontières de 1967, garantissant une solution aux réfugiés et établissant Jérusalem comme capitale des deux pays, reste, au moins à court et moyen terme, la seule solution viable.

Il est illusoire de penser que laisser le gouvernement israélien et l’autorité palestinienne face à face permettrait d’avancer dans cette voie. Seule l’intervention de la communauté internationale permettra de peser sur les deux parties, en particulier sur les autorités israéliennes qui se sentent revêtues de l’impunité que leur confère le soutien indéfectible des Etats-Unis.

C’est donc à l’Union européenne d’agir. L’Europe doit cesser de regarder ce conflit comme une séquelle de ses responsabilités dans le génocide des juifs et de la manière dont y ont été traités les survivants. Ramener le gouvernement israélien au respect du droit et à la raison, dénoncer sa politique, n’est en rien une manifestation d’antisémitisme. Antisémitisme dont nous combattons les manifestations insupportables qui se produisent partout en Europe.

Nous appelons l’Union européenne à promouvoir une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions des Nations Unies, à peser par tous moyens, y compris par des sanctions, sur les autorités israéliennes et à reconnaître l’Etat de Palestine. La France doit agir en ce sens en procédant elle-même à cette reconnaissance sans délai.

Les signataires:

Tewfik Allal, militant associatif,
Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’EPHE,
Bertrand Badie, professeur à l’IEP Paris,
Françoise Basch, universitaire,
Sophie Basch, professeur à Sorbonne Université,
Esther Benbassa, sénatrice EELV, universitaire,
Sophie Bessis, historienne,
Françoise Blum, ingénieure CNRS,
Barbara Cassin, chercheur CNRS,
Mouhieddine Cherbib, militant associatif CRLDH Tunisie,
Alice Cherki, psychanalyste,
Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne,
Michel Deyfus, directeur de recherche au CNRS,
Dominique Guibert, président de l’AEDH,
Jeanne Favret-Saada, ethnologue,
Christiane Hessel, présidente d’honneur de Les Enfants, le Jeu, l’Education,
Alain Joxe, directeur d’études à l’EHESS,
Robert Kissous, militant associatif,
Abdelatif Laabi, écrivain,
Nicole Lapierre, socio-anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS,
Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH,
Jean-Claude Lefort, député honoraire,
Catherine Lévy, sociologue CNRS,
Gilles Manceron, historien,
Michel Mousel, militant politique,
Fabienne Messica, sociologue,
Bernard Ravenel, historien,
Vincent Rebérioux, LDH,
Malik Salemkour, président de la LDH,
Maurice Sartre, professeur émérite d’histoire ancienne,
Abraham Ségal, documentariste,
Denis Sieffert, journaliste,
Taoufiq Tahani, universitaire, président d’honneur de l’AFPS,
Athéna Tsingarida, professeure à l’Université libre de Bruxelles,
Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH,
Marie-Christine Vergiat, députée européenne,
Georges Vigarello, EHESS,
Sylviane de Wangen, comité de rédaction de Confluences Méditerranée.

À Paris, rencontre-débat le 13 février 2018 avec « Jewish Voice for Peace »

L’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) invitent Rebecca Vilkomerson, directrice exécutive de Jewish Voice for Peace (JVP).

le mardi 13 février, à 20h,
salle Jean Dame
17, rue Léoplold Bellan, 75002 Paris

Aux Etats-Unis, Jewish Voice for Peace (JVP) est une association active au niveau local et national et qui puise son inspiration dans la tradition juive afin d’œuvrer pour la pleine égalité et la liberté pour tous les peuples en Israël/Palestine.

JVP est suivie par plus de 250 000 personnes/sympathisant-e-s sur Internet, compte plus de 70 sections locales, une branche jeunesse, et plusieurs conseils : rabbinique, artistique, universitaire ; ainsi qu’un conseil consultatif composé d’intellectuels et artistes américains majeurs.

Jewish Voice for Peace fait partie des 21 ONG dont, par un décret du 7 janvier 2018, Israël veut interdire l’accès à son territoire.

Flyer de cette rencontre